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C’est au cours des années 60

que le corps a commencé

à prendre sa place dans le

processus thérapeutique.”

 

 

 

La relaxation d'inspiration analytique

 

 

Contrairement aux méthodes basées uniquement sur l’échange verbal, certaines thérapies considèrent le corps et son langage comme une ouverture, une porte d’entrée vers un mieux-être.

 

C’est au cours des années 60 que le corps a commencé à prendre sa place dans le processus thérapeutique. Certains disciples de Freud – Groddek,  Reich, Rank, et quelques autres – en avaient déjà souligné l’importance, mais dans l’univers de la thérapie les approches verbales étaient nettement dominantes.

 

C’est à Esalen, sur la côte ouest américaine que les nouveaux pionniers ont mis au point des méthodes dites psychocorporelles, des techniques qui passent par le corps pour apaiser les troubles psychiques, libérer les émotions et trouver l’harmonie intérieure.

Tout d’abord la technique-mère de Johannes Heinrich Schultz qui date du début du xxe siècle.

Une séance en position assise ou allongée commence par une série d’inductions qui s’articulent autour de la sensation de pesanteur « le bras est lourd » de chaleur « la chaleur est douce, agréable » et se poursuit par des exercices complémentaires concernant le rythme cardiaque, l’appareil respiratoire, la sphère abdominale et le visage.

 

Le training autogène de J.H. Shultz a été le point de départ des autres méthodes, que ce soient celles de J. Ajurriaguerra, G. Alexander, Jacobson,  Jarreau et Klotz ou R.Vittoz.

Ces méthodes ont toutes en commun, le relâchement musculaire avec son monde de sensations, « une plongée à l’intérieur de soi » « introspective ».

Elles sont souvent considérées comme des processus de développement personnel et non pas comme des thérapies.

 

La méthode d’inspiration analytique élaborée par Michel Sapir et son équipe est centrée sur le corps en relaxation. Elle est infiltrée de sens psychanalytique, relationnelle et souple, et aussi bien applicable en cure individuelle qu’en groupe. Elle apparaît comme une véritable synthèse psychosomatique.

 

Pierre Fédida précise « la relaxation se laisse concevoir soit comme une expérience pré-analytique soit encore comme une véritable psychothérapie à médiation corporelle reposant sur des indications spécifiques possédant ses finalités propres, et pouvant être cependant complémentaire éventuellement d’une psychanalyse ».

Le projet de cette méthode est de restituer un dialogue entre le patient et le relaxateur.

 

Le corps est là offert ou choisi comme  lieu d’échanges possibles, et vient à exister en tant qu’inconscient. Par l’intermédiaire du toucher et des inductions multiples et variées, la relaxation favorise l’émergence d’une parole qui nomme ce qui est senti et permet peu à peu une nouvelle relation...

Elle permet grâce à la relation qui se noue avec le thérapeute d’accéder à un corps qui ne serait pas seulement celui de la plainte, mais aussi celui nostalgique d’un plaisir qu’il ne se permet pas.

L’indication d’une relaxation peut s’imposer face à certaines maladies psychosomatiques ou à une intervention chirurgicale.

Elle permet une approche psychothérapique souple dans un contrat à plus court terme qu’une psychanalyse par exemple qui là est le plus souvent exclue, et plus efficace qu’un face à face qui risque d’être superficiel et défensif.

Il est important dans ces cas que l’angoisse puisse être vécue et verbalisée.